Oui à plus d’agilité, non à la tétanisation de l’entreprise !

La répétition des crises appelle-t-elle la répétition des mêmes mesures d’allègement, de réductions de coûts et d’optimisation ? Faire progresser l’entreprise en agilité pour faire face passait par ces mesures d’allègement qui ont été largement mises en œuvre. Sont-elles autant, et toujours, d’actualité ?

Non, car après les ajustements déjà opérés pour faire face aux crises précédentes, et dont la plus sérieuse a été celle de 2009, les marges de manœuvre se rétrécissent. On arrive au point où le choc déflationniste – que nous traversons – risque de se traduire par un coup sérieux porté à l’investissement, à l’initiative et au mouvement – tant au niveau de la nation qu’à celui des acteurs économiques. Si la tentation du repli sur soi gagne du terrain, si bouger devient dangereux, si le seul mot d’ordre est celui de la réduction des coûts et des effectifs, que restera-t-il de ressources à mobiliser pour rebondir ? Imaginez-vous naviguer dans un torrent tout en restant passif ? Ceux qui descendent les rapides ne se laissent pas porter, ils demeurent actifs, attentifs, évitent les écueils et rament dur pour contenir le courant et avancer sans verser.

Or, le sentiment que l’on a en observant les dirigeants d’entreprises est à l’opposé du mouvement : l’organisation se rigidifie sous l’influence des « tours de vis » supplémentaires qui sont imposés. Les principales explications viennent de la représentation mentale de la crise que nous vivons. Soit, la capitulation s’installe, soit, l’entreprise parvient à recréer une dynamique positive pour contrer l’érosion de son modèle économique, pour réagir à la crise de l’engagement et à celle de l’absentéisme mental qui se développe. L’acceptation de la fatalité du déclin entraine une réaction de survie passive, alors que la situation actuelle exige l’inverse, c’est-à-dire un sursaut actif, une mobilisation humaine sans précédent pour activer la résilience collective.

Les peurs qui montent poussent à l’immobilisme. La recherche de plus d’agilité n’allège plus rien et rigidifie les organisations. Nous sommes à la croisée des chemins…

Alain Richemond

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