S’appuyer sur les mêmes ressources tend à les épuiser – Comment identifier de nouvelles ressources pour mieux équilibrer sa résilience ?

La résilience s’active pour affronter l’adversité selon un mécanisme qui commence à être mieux connu : ce réflexe puise sa force dans les ressources que chacun met en œuvre selon une alchimie personnelle. Une fois celle-ci trouvée, ne risque-t-on pas d’en fatiguer le  ressort ?

Les études sur le sujet montrent que face au défi d’une situation difficile, les individus font appel aux mêmes ressources. Il est donc essentiel, dans un monde de plus en plus complexe et changeant, de connaitre quels sont les mécanismes et les ressources dont chacun dispose pour faire face.

 

Connaitre ses ressources

L’une des difficultés de la résilience réside dans le fait que chaque individu – par extension, chaque entreprise aussi – n’est pas résilient de la même façon. En effet, un certain nombre de facteurs ont été identifiés, tant sur le plan individuel que sur le plan collectif et organisationnel. Chaque personne développe en fonction de son expérience (et de son mode de vie) certains de ces facteurs. Elle va apprendre, dans une situation de changement, quels sont ceux qui, combinés entre eux, lui permettent plus facilement d’affronter puis assimiler les nouveaux paramètres. Dès lors, elle s’efforcera en situation similaire de faire appel aux mêmes facteurs. Elle le fera de manière instinctive et inconsciente.

En conséquence, il est possible que la réponse perde en efficacité en raison d’un manque de ressort des mêmes facteurs toujours mis en action. Tel un réservoir étroit, ce sont les mêmes ressources  que l’on sollicite.

De plus, comme la résilience n’est pas figée dans le temps : les ressources (les facteurs) disponibles ne sont pas à tout moment au maximum de leur efficacité. Il est donc primordial de pouvoir identifier la totalité du spectre des facteurs de résilience et d’apprendre à gérer ses ressources pour apporter une réponse plus équilibrée et efficace.

Gérer ses ressources, en développer de nouvelles

Comme pour toute gestion de ressources, il  faut apprendre à préserver ses talents pour les moments où il faudra les mobiliser. A partir de l’évaluation des 47 facteurs de résilience, il devient possible de repérer et de renforcer les facteurs sous-exploités (ex : reconnaissance de mes réussites et de mes échecs, capacité à exprimer mes limites,…).

Ce travail –qui se fait par une action de coaching ou de développement personnel – va permettre au final de disposer d’un potentiel de résilience beaucoup plus fort, d’apporter une réponse efficace plus rapidement et d’assimiler les nouvelles composantes de son organisation .

 Pour être résilient, soyez créatif !

De nombreux articles sur la résilience évoquent la créativité comme levier de résilience. Ce lien est moins évident qu’il n’y paraît. Certes la créativité en tant que telle est utile pour être résilient, car elle permet d’imaginer de nouvelles solutions pour s’adapter, mais la créativité ne se décrète pas !

Sans contexte positif et sens, la créativité n’existe pas, car elle n’a rien à quoi être associée. Si le collaborateur ne voit pas – comment et au service de quoi – sa créativité peut être mise en œuvre, il ne l’active pas !

Il est important donc de pouvoir disposer de ressources variées, de les connaître, de comprendre le contexte – leur dynamique – pour mieux savoir comment les utiliser. C’est à partir de là que face à une difficulté, une nouvelle donne, un nouveau défi, un individu ou une organisation trouve de nouvelles solutions.

Jamais seul au monde

Les premières réponses sont souvent en soi, mais rapidement il faut prendre en compte l’environnement. Plus que ça. Il faut interagir avec son environnement pour trouver les solutions qui permettront d’affronter les difficultés. Il est important que les individus voient l’impact de leur apport au collectif. Nous touchons là à la question, entre autres, de la communication. Une personne qui développe une bonne relation avec son environnement s’appuie mieux sur ses ressources extérieures pour réussir. Elle doit donc soigner sa communication. La confiance et l’altérité facilitent aussi grandement la mise en œuvre de la résilience au service du collectif, puis organisationnel.

En résumé, l’utilisation de la résilience en entreprise nécessite une bonne connaissance de soi, de son environnement et de la capacité à mobiliser ses ressources pour soi et par conséquent pour son environnement. A l’image du pianiste qui pourrait jouer sur toutes les gammes du clavier, mais qui se limiterait à une ou deux gammes, les individus ont tendance à appuyer sur les notes qu’ils connaissent le mieux, équilibrent mal leurs ressources de résilience et oublient qu’ils jouent au sein d’un orchestre.

La résilience est une approche qui permet aux individus, qui compose le collectif et façonne l’organisation, de savoir mieux jouer et de nouveau jouer ensemble… et de reprendre du plaisir (et donc du sens ) au travail.

Arnaud Cuilleret

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