En période troublée, les dissonances internes augmentent et freinent les résiliences

La dissonance exprime l’écart qui naît des différences de perception. Dans les périodes de turbulences, les différences de perception sur l’état de l’actif humain se creusent entre le management et les collaborateurs. Cette dissonance retarde et freine la résilience.

 Alors que l’environnement des entreprises devient plus incertain et chaotique, l’élaboration de consensus sur les solutions de sortie de crise devient de plus en plus difficile à mettre en action. La raison en est souvent la montée de la défiance au sein de l’organisation.

Les mesures drastiques que le management prend pour rendre l’organisation plus souple et agile marquent les esprits et troublent la confiance dans l’avenir. Le raccourcissement des horizons rend moins lisible la ligne stratégique de l’entreprise. En un mot, à l’heure de la nécessaire mobilisation de toutes les ressources pour sortir des difficultés, les signaux émis par le management et perçus par les collaborateurs sont en décalage croissant.

Cette dissonance de la communication interne freine l’adaptabilité et la résilience. Une grande entreprise qui a fait effectuer le test « Cuilleret-Richemond » a ainsi pu constater que la principale explication de sa faible note de synthèse (niveau dans l’échelle de la résilience transformante) tenait à une forte dissonance des messages et un temps de récupération jugé trop court entre deux changements. Pourtant, le Président expliquait que les changements profonds se feraient au rythme de un tous les 18 mois. Ce message émis n’était pas perçu ainsi par des salariés qui subissaient des rythmes de changement plus rapides imposés par des managers intermédiaires trop zélés…à accélérer le changement.

En conséquence, les collaborateurs ont bien exprimé dans le test cette forte dissonance des messages internes et leurs difficultés face au rythme de changement. Résultat : l’entreprise dont le potentiel de résilience était réel n’a pas franchi le seuil de la résilience transformante.

Alain Richemond

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