EDITORIAL : Du « soutien organisationnel perçu » à la résilience organisationnelle

Le soutien organisationnel perçu (SOP) ou soutien managérial est l’un des facteurs qui décident de la résilience. Son évaluation est très présente, voire centrale, dans le test de résilience « Cuilleret-Richemond ».

Le SOP se définit comme « le ressenti d’un salarié sur le degré de soin et d’attention que l’entreprise lui porte et de la façon dont elle valorise ses contributions » (Robert Eisenberger et al., 1986).

Les travaux portant sur le rôle de la confiance organisationnelle dans le développement d’une relation d’emploi durable ont permis d’établir que la confiance organisationnelle est reliée aux attitudes managériales passées. Celles-ci déterminent la qualité de l’échange social – au sens de ce que l’on s’apporte mutuellement – entre chaque individu et l’organisation à laquelle il appartient. Dans ses premiers travaux sur la théorie de l’échange social, Peter Blau (1964) considère que la confiance organisationnelle joue un rôle fondamental dans l’échange social entre l’individu et son organisation, contrairement à l’échange économique qui ne nécessite pas de confiance. La confiance organisationnelle est indispensable pour que l’individu accepte le risque lié à une réciprocité différée et implicite des bénéfices qu’il apporte à l’entreprise.

 Ainsi, la manière dont l’organisation et chaque individu vont « tricoter » leur relation dans le temps influence non seulement la résilience de chacun, mais aussi la contribution de chaque résilience individuelle à celle de l’organisation. Quand ce passage s’opère, on parle alors de résilience organisationnelle.

Comme le mentionnent David Schoorman, Roger Mayer et James Davis dans « An Integrative Model of Organizational Trust: Past, Present, and Future ». Academy of Management Review, 2007 : « La confiance conduit à prendre des risques dans une relation […]. La confiance est la volonté de prendre un risque, et le niveau de confiance est une indication de l’étendue des risques que l’on est prêt à prendre ». Dans les périodes de turbulences et d’adversité, la prise de risque des individus doit être portée par la confiance – fondée sur la relation passée –  et par la projection positive que chacun perçoit dans l’avenir de l’entreprise.

Pour en savoir plus, voir dans la liste des articles :

La confiance organisationnelle au cœur de l’échange social : et si bien traiter ses employés était payant ? par Sylvie Guerrero et Olivier Herrbach in relations industrielles / industrial relations – 64-1, 2009, département des relations industrielles, Université Laval 

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